Renforcer la souveraineté numérique en Afrique

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Photo via Techreviewafrica

La 15e édition du One Africa Digital Forum s'est tenue à Cotonou, au Benin. Cet événement d'envergure internationale a rassemblé une diversité d'acteurs majeurs du secteur technologique, venus de tout le continent et au-delà, pour débattre des enjeux cruciaux liés à l'infrastructure numérique sur le continent. La ville de Cotonou a ainsi servi de point de convergence pour les experts, les ingénieurs et les décideurs politiques, tous mobilisés autour de la question de l'évolution des réseaux.

Les travaux de cette rencontre portaient sur le thème « Digital Africa in the Era of 5G: Dynamics and Transformational Impact ». Ce sujet, au cœur des préoccupations actuelles, a permis d'engager des discussions approfondies sur la trajectoire technologique du continent. Les échanges ont permis d'analyser les effets de cette technologie sur les infrastructures existantes en Africa. Les participants ont examiné avec une attention particulière les capacités techniques nécessaires au déploiement de ces réseaux de nouvelle génération, tout en évaluant leur potentiel de transformation pour les économies locales et le développement des services numériques. Plusieurs intervenants, dont des représentants des institutions régionales, ont partagé des perspectives sur l'intégration des nouvelles normes de connectivité. Cette session a permis de structurer les réflexions sur les défis techniques rencontrés par les opérateurs présents lors du forum, notamment en ce qui concerne la densification des réseaux et la pérennité des investissements.

Souveraineté et infrastructures nationales

Dans le cadre des débats, Luciano Hounkponou a préconisé l'utilisation de centres de données nationaux lors des échanges à Cotonou. Cette approche stratégique vise à limiter la dépendance aux solutions d'hébergement situées à l'étranger pour les infrastructures numériques du Benin. Le développement de capacités de stockage locales permettrait, selon lui, un meilleur contrôle des données générées sur le territoire national, garantissant ainsi une souveraineté accrue sur les flux d'informations critiques.

Luciano Hounkponou a également insisté sur la nécessité d'une complémentarité réglementaire entre trois organismes spécifiques du pays. Cette coordination indispensable doit impliquer l'Autorité de protection des données à caractère personnel (APDP), la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIN) et l'Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste du Benin (ARCEP Benin). Une harmonisation des missions de ces entités faciliterait la gestion des flux numériques, la sécurisation des données des citoyens et le respect strict des normes en vigueur. L'alignement des actions de l'APDP, de la CNIN et de l'ARCEP Benin constitue un levier déterminant pour structurer le cadre juridique national. En renforçant la synergie entre ces autorités, le Benin cherche à créer un environnement numérique plus solide, capable de soutenir les ambitions technologiques du pays tout en assurant une protection efficace des droits numériques. Le forum a ainsi souligné que l'infrastructure physique, couplée à une régulation cohérente, demeure le socle indispensable à toute transformation numérique réussie à l'échelle nationale et continentale.